Côté ciné – Janvier 2020

Côté ciné – Janvier 2020

DE L’ÉCRIT A L’ÉCRAN

Pour cette première chronique de l’année, c’est avec le son de la Motown en fond musical et devant un mug de thé fumant que l’association les Yeux fermés vous souhaite une belle et heureuse année 2020.

Encore une fois, l’industrie cinématographique nous donne l’occasion de découvrir ou de redécouvrir des œuvres littéraires de toutes sortes.

Au sommaire ce mois ci :

  • Le classique de la littérature jeunesse américaine qui a fait pleurer Joey (Friends)
  • Des menteurs
  • Une histoire d’amour dans les années 40
  • Du Anna Gavalda
  1. Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott

Note Babelio : 3,92/5 (sur 2068 notes)

Ce classique de la littérature jeunesse américaine compte 10 202 lecteurs sur Babelio, dont moi. Livre lu dans ma toute jeunesse, puis relu un peu plus grande, je le déguste une nouvelle fois à la sortie du film.

Meg, l’ainée a 16 ans, elle est jolie, coquette, déteste travailler et rêve d’une vie facile et dorée au bras d’un mari qu’elle aimerait d’amour. Son souhait peut paraitre naif mais est classique pour une jeune américaine à l’heure de la guerre de Sécession et dont le père pasteur a subit un revers de fortune.

Jo est le garçon manqué de la famille, le souffle de liberté qui saute de page en page et certainement mon personnage préféré. Elle est décrite par Louisa May Alcott comme « grande, maigre et brune ; elle semblait ne savoir que faire de ses bras et de ses jambes d’une longueur interminable et faisait penser à un poulain ». Elle est le personnage qui incarnera le plus l’envie d’émancipation des femmes de cette époque. Autrice et rebelle, elle se considère comme l’homme de la famille après le départ de son père pour le front.

Du haut de ses 13 ans, Beth est la douceur et la bonté incarnées. Discrète, sensible, elle nous offrira dans le livre un grand moment d’émotion quand la maladie s’abattra sur elle mettant ainsi toute la famille à l’épreuve.

Enfin Amy, la petite dernière, petite personne qui surveille ses manières et se comporte comme une vraie dame, égoiste et verbieuse, précieuse enfant qui aime les mots de plus de trois syllabes et les écorche copieusement.

Nous les suivrons pendant une année de guerre de Sécession. Leur père est parti au front, la vie continue et il faut subvenir aux besoins et à l’éducation de la famille.

Les quatre filles du docteur March est le premier volume d’une saga de quatre tomes. Suivent ensuite Les filles du docteur March se marient, qui se déroule 3 ans après l’épilogue du livre précédent puis Le rêve de Jo March. Enfin, La grande famille de Jo March clôt la saga familiale.

A savoir toutefois que les romans baignent dans une ambiance religieuse et moralisatrice qui n’est pas surprenante au vu de l’époque et du contexte dans lequel a été écrit le livre mais qui peut dérouter le lecteur ou la lectrice moderne.

La famille du docteur March ressemble certainement à celle de l’auteur. Elle a fait partie d’une fratrie de 4 sœurs et son père ne pouvant subvenir aux besoins de la famille a connu la pauvreté et a été contrainte de travailler à un très jeune âge comme ses personnages, Meg et Jo. Si les romans sont imprégnés de valeurs religieuses, il en sort aussi l’engagement de Louisa May Alcott pour l’émancipation des femmes.

Les quatre filles du docteur March ont déjà fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques en 1949 et en 1994 avec un casting déjà impressionnant : Trini Alvarado (Meg), Winona Ryder (Jo), Claire Danes (Beth), Kirsten Dunst (Amy).

Ce premier janvier, l’adaptation est signée Greta Gerwig et le casting impressionne : Emma Watson est Meg, Saoirse Ronan incarne Jo, Eliza Scanlen est Beth et Florence Pugh est Amy. Du côté masculin, Thimothée Chalamet campe l’inénarrable Laurie, le partner in crime de Jo et Louis Garrel complète le casting. Enfin, la redoutable Tante March revient à Meryl Streep.

Si j’en crois la bande annonce, ce n’est pas ce n’est pas seulement le premier volume de la saga qui est porté à l’écran mais aussi le deuxième qui verra les quatre sœurs se disperser et ouvrir un plus vaste éventail d’opinions que dans le premier volume. Le film obtient 95% de fraicheur au tomatomètre du site Rotten Tomatoes, ce qui n’est pas rien.

Le roman a également été adapté en téléfilm et en animé.

A l’occasion de la sortie du film, les trois premiers volumes de la saga sont republiés dans la collection Folio Junior.

Le résumé éditeur des quatre filles du docteur March :

Une année, avec ses joies et ses peines, de la vie des quatre sœurs March, âgées de onze à seize ans: Meg, la romantique; Jo, véritable garçon manqué et débordante d’humour; Beth la musicienne si timide; et Amy, l’artiste de la famille, qui se laisse aller parfois à une certaine vanité. Très vite, elles se lient d’amitié avec leur voisin Laurie, s’enthousiasment avec Meg pour son premier bal, montent une troupe de théâtre, mais aucune distraction ne peut leur faire oublier l’absence de leur père, parti au front…

Le résumé éditeur des quatre filles du docteur March se marient :

Trois années se sont écoulées depuis l’épilogue des «Quatre filles du docteur March». Meg épouse son John et s’épanouit dans son rôle de mère; Jo, soucieuse de son indépendance, poursuit son rêve de devenir écrivain et décide de se rendre à New York où elle fera une rencontre décisive; La fragile Beth puise dans l’affection des siens la force de vivre tandis qu’Amy embarque pour un tour d’Europe avec sa tante et fait battre les cœurs..

La bande annonce du film, dans les salles à partir du 1er janvier 2020 :

Et enfin, pour le régal, le combat Joey versus Rachel, Little Women versus Shining de Friends (attention l’extrait contient des spoilers):

  • Les menteurs de Nicholas Searle

Note Babelio : 3,15/5 (sur 10 notes)

Publié en 2016 chez Fayard, Le menteur est le premier roman de son auteur britannique Nicholas Searle. Il est aussi le seul traduit en français à l’heure actuelle. Searle a un rythme de publication très régulier outre atlantique puis qu’il y publie un livre tous les deux ans depuis 2015.

L’adaptation cinématographique est signée Bill Condon (La Belle et la Bête, The greatest Showman, Mr Holmes) et intitulée L’Art du Mensonge. Helen Mirren et Ian McKellen se donnent la réplique dans un thrillermettant en scène un escroc dangereux et une riche veuve faussement inoffensive. Trahison et vengeance se mêlent face aux fantômes du passé des deux protagonistes. La bande annonce reflète l’atmosphère sombre et poisseuse du film. Il n’obtient cependant que 65% au tomatomètre de Rotten Tomatoes.

Dans les salles à partir du 1er janvier 2020.

Le résumé de l’éditeur :

Et si seul un mensonge pouvait révéler la vérité ?
 

Quand Roy, un escroc de haut vol octogénaire, rencontre sur Internet Betty, une riche veuve esseulée, il pense être tombé sur une proie de choix. Il ne tarde pas à s’installer dans son coquet cottage et à l’accompagner dans un voyage romantique en Allemagne. Même si le petit-fils de Betty désapprouve cette idylle, Roy est sûr de parvenir à ses fins. Après tout, il sait parfaitement ce qu’il fait.Mais tandis que se déploie leur relation, le passé de Roy et de Betty surgit petit à petit, convoquant des pages sombres de l’histoire, des temps d’une intolérable cruauté et d’une étonnante résilience. Le Menteur est un roman fascinant sur le mensonge et la survie, une histoire renfermant des secrets, des mystifications et des trahisons qui finissent par révéler leur nature infâme.

La bande annonce du film :

  • Je ne rêve que de vous : 1940-1945, le dernier combat de Léon Blum de Dominique Missika

Note Babelio : 3,95/5 (sur 10 notes)

Dominique Missika est historienne, diplômée de la Sorbonne. Elle est également éditrice et productrice d’émission sur France culture. Elle est Chevalier de la Légion d’Honneur et décorée de l’Ordre national du Mérite.

Eclairant l’adage que derrière chaque grand homme se trouve une femme, Dominique Missika nous narre ici l’emprisonnement de Léon Blum en Allemagne. Loin d’en être brisé, il en sortira renforcé. Grâce à qui ? A Jeanne Reichenbach. Folle amoureuse de Léon Blum, elle arrachera à Pierre Laval l’autorisation de partager sa détention à Buchenwald. 

L’ouvrage est publié en 2009 aux éditions Robert Laffont.

De cet amour qui n’admet pas de barrière, Laurent Heynemann a fait un film : Je ne rêve que de vous. Au casting figurent : Elsa Zylberstein, Hippolyte Girardot, Emilie Dequenne, Mathilda May et Philippe Torreton.

Le résumé de l’éditeur :

Septembre 1940 : Léon Blum est arrêté sur ordre de Pétain. Se sachant menacé, il aurait pu fuir, mais il refuse de se soustraire au procès qui l’attend. Pendant seize mois, haï et calomnié, il va être traîné de prison en prison. Pourtant, le vieux leader résiste. Il se bat, prépare sa défense, reconstruit son parti dans la clandestinité… et finalement réussit le tour de force de retourner l’opinion publique en sa faveur. Où puise-t-il sa combativité ? Et comment survit-il à l’emprisonnement en Allemagne qui va suivre son procès ? On a évoqué son optimisme, son humanisme… Mais cela ne suffit pas. Léon Blum a un secret : une femme, Jeanne Reichenbach.
Au terme d’une longue enquête, s’appuyant notamment sur une correspondance inédite, Dominique Missika révèle le rôle joué par Jeanne Reichenbach, et raconte une histoire d’amour méconnue entre deux êtres exceptionnels.

La bande annonce du film :

Dans les salles le 15 janvier 2020.

  • Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part de Anna Gavalda

Note Babelio : 3,4/5 (sur 4688 notes)

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part est le premier ouvrage publié par Anna Gavalda aux édition Le Dilettante en 1999. Les douze nouvelles qui le composent ont su séduire le public puisqu’il s’est écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires. Depuis, l’histoire d’amour avec son éditeur et le public semble se poursuivre. Je l’aimais, Ensemble c’est tout, et La Consolante ont dépassé le million d’exemplaires vendus. J’ai lu ces deux là et il y a pas à dire, il existe une magie Anna Gavalda. Cette auteure a un vrai don pour peindre des personnages attachants aux vies en vrac. Drames du quotidien, absurdité de nos existences, joie et bienveillance sont les ingrédients utilisés pour ces romans lumineux.

Côté cinéma, Ensemble c’est tout, a ouvert la route en 2007 avec Claude Berri à la réalisation et Audrey Tautou et Guillaume Canet dans les rôles principaux. Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part est le projet de 10 années pour le réalisateur Arnaud Viard. Lecteur du livre en 1999, l’envie de le porter à l’écran lui vient en 2010. L’écriture du scénario se fait en 1 an mais suivent ensuite des difficultés à financer le projet jusqu’en 2017 où la situation se débloque. Au casting Jean Paul Rouve, Alice Taglioni et Benjamin Lavernhe.

Dans les salles le 22 janvier 2020.

Le résumé de l’éditeur :

Les héros de ces nouvelles s’affairent, chacun selon sa tragédie quotidienne. De rendez-vous manqués en collisions brusques, ils ne savent qu’une chose : qu’on les attend.

La bande annonce du film :

  • Le ciel en cage de Christine Leunens

Note Babelio : non noté, 13 lecteurs

Découverte pour ma part, le résumé de ce livre fait écho à deux thèmes d’atelier récents des Yeux Fermés : la thématique de l’homme défiguré en décembre 2019 à Port Louis et l’atelier « C’est quoi un monstre ? » qui sera développée à la médiathèque de Lorient en janvier 2020.

Ce premier roman est édité en France en 2007 aux éditions Philippe Rey et a été sélectionné pour les prix Fnac et Médicis étranger.

Au vu du résumé, je me demande par quel tour de passe passe les studios Disney ont pu en faire une comédie.

Résumé éditeur :

Nazillon enfiévré, parti combattre avec les Jeunesses hitlériennes, Johannes, 17 ans, saute sur une bombe. Manchot et atrocement défiguré, il rentre chez lui à Vienne pour découvrir que ses parents cachent dans leur grenier une jeune Juive, Elsa. Lui, l’antisémite farouche, est d’abord séduit par l’idée de contrôler le destin d’un de ces êtres qu’il a appris à haïr, mais il se laisse vite toucher par le regard de la jeune fille, qui n’exprime aucun dégoût pour son infirmité. Commencent alors une passion dévorante, et une cohabitation qui durera toute une vie : la mort frappe la famille de Johannes, et il se retrouve seul avec sa proie. À la fin de la guerre, il lui fait croire que les nazis ont gagné, et qu’elle ne peut sortir de la maison sans courir à sa perte… Le récit fascinant d’une relation étrange au sein d’un huis-clos entre deux êtres manipulateurs dont on ne sait en fin de compte lequel trompe l’autre.

La bande annonce du film :


Jeu des incipit : redonner à chaque livre son incipit 😊

  • J’ai baisé des milliers de filles et la plupart, je ne me souviens pas de leur visage.
  • C’est parfait, se dit Roy.
  • Le danger du mensonge, ce n’est pas sa fausseté, son irréalité, mais au contraire le fait qu’il devienne réalité pour autrui.
  • Sans cadeaux, Noël ne sera pas Noël, grommela Jo, couchée sur le tapis.

Je vous souhaite encore une fois une excellente année 2020, de belles découvertes de films, de bonnes lectures, et que l’imagination soit toujours avec vous.

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