La disparition, club d’écriture FEUILLETONNANT de Lorient

La disparition, club d’écriture FEUILLETONNANT de Lorient

LA PROGRAMMATION

Septembre | Octobre | Novembre | Décembre

Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin

15 Septembre 2020 : Les apparences (Gillian Flynn ; 2014)

Sorti aux éditions Sonatines en 2012, le troisième roman de l’américaine Gillian Flynn mêle habilement suspense, romance et réalité sociale.

Amy et Nick, un couple de journalistes mène la belle vie avec un mariage heureux et une situation financière plus que confortable. Tout va bien.

Un jour, la crise financière les frappe de plein fouet. Les journaux qui les emploient tous les deux décident de se passer de leurs services. Les voilà au chômage et comme les soucis n’arrivent jamais seuls, la mère de Nick a de sérieux problèmes de santé. Ils décident de s’installer dans le fin fond du Missouri pour y recommencer une nouvelle vie.

Un soir, le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick rentre chez lui et découvre une maison sans dessus dessous. Pire, son épouse a disparu.

Le thriller possède tous les atouts d’un bon polar : une intrigue originale, des personnages complexes et de très bons retentissements. En outre, l’ajout d’extraits du journal intime de la disparue apportent un autre point de vue à l’histoire.

Récit de faux semblants ou derrière le vernis d’une certaine réalité, les apparences d’une vie de couple volent en éclat, voilà une source d’inspiration parfaite pour poser les bases d’une intrigue originale, imaginer un contexte, développer des personnages amenés à vivre une expérience étrange, une disparition, et redéfinir en écriture, les contours d’une certaine réalité. Derrière les apparences.

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13 Octobre 2020 : Je vais bien, ne t’en fais pas (Olivier Adam ; 2000)

En rentrant de vacances, Claire apprend que son frère a quitté la maison. Personne ne sait pourquoi. Depuis, elle reçoit des cartes postales de lui, envoyées de villes toujours différentes. Rares, elles expriment les mêmes sentiments, le profond amour d’un garçon pour sa sœur, il va bien mais il ne rentrera pas. Surtout, il ne dit pas pourquoi il est parti.

Lorsque cette dernière a une semaine de congés, elle décide de partir à sa recherche du côté de Portbail, la ville d’où provient sa dernière carte.

Succès critique dès sa sortie, le premier roman écrit par l’auteur Olivier Adam, met en perspective les thèmes chers à l’écrivain en faisant de nombreux allers et retours entre passé et présent : les douleurs familiales, le manque, les identités flottantes, l’inadaptation sociale, la fuite et la réinvention de soi. En cela, ce premier essai présente les caractéristiques et les qualités essentielles pour guider les plumes afin d’imaginer, d’écrire et raconter enfin la disparition mystérieuse, lançant ainsi l’intrigue sur de bons rails.

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17 Novembre 2020 : The Leftovers (Damon Lindelof et Tom Perrota ; 2014/2017)

Une saison chasse l’autre, cette fois il est temps de présenter un feuilleton américain crée par Damon Lindelof et Tom Perrotta (l’auteur du roman original Les disparus de Mapleton), produit par la chaîne HBO (Game of Thrones, Six Feet Under, Les Sopranos).

2% des êtres humains ont disparu de la surface sans la moindre explication, dans une sorte de ravissement. Les habitants de la petite ville de Mapleton vont être confrontés à cette question lorsque nombre de voisins, amis et amants s’évanouissent dans la nature le même jour d’automne.

Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgade dépeuplée, mais rien n’est plus comme avant. Personne n’a oublié ce qui est arrivé et ceux qui ont disparu. A l’approche des cérémonies de commémoration, le shérif Kévin Garvey est en état d’alerte maximale. Des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule aux revendications mystérieuses, comparable à une secte.

Durant trois saisons, les personnages se tournent vers la religion, la guérison surnaturelle, la psychologie, l’anamnèse, parfois ils essaient même de se projeter dans un nouvel avenir, chaque fois ils se resignent à acter l’impossibilité d’un nouveau commencement. C’est même « une danse macabre » (d’après les auteurs eux-mêmes) qui emporte tous ceux qui sont restés, le rapport brutal d’une existence triste, sans échappatoire ni morale.

Bouleversante d’un bout à l’autre, cet objet visuel est le choix qui s’impose pour traduire comment imaginer, écrire et raconter ce que vivent les autres victimes d’une disparition. Ceux qui restent.

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15 Décembre 2020 : The sinner (Petra Hammesfahr ; 2007)

Encore une fois, un roman qui a été transposé à la télévision. Et encore une fois, c’est formidable. Le succès de celle-ci a permis la réédition d’un roman passé inaperçu lors de sa sortie. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, voici le séduisant point de départ :

Cora Bender, une mère de famille à priori sans histoires, partie pique-niquer tranquillement en famille au bord d’un lac, se jette soudain sur un gars qui câlinait sa copine, et le poignarde à mort. Sous les yeux de son enfant et de son mari sidéré, affolé, outré. Après son arrestation, la jeune femme confirme son crime sans hésitation, elle n’entend qu’une chose, être inculpée, incarcérée. Surtout, elle ne veut pas expliquer. D’ailleurs elle ne comprend pas, ne supporte pas que ce commissaire qui veut à tout prix des raisons, des motivations.

Cora Bender a tout d’un monstre. Mais d’où vient-elle, pour être devenue ce monstre aux cicatrices étranges, aux migraines répétitives et parfois traversées de bouffées délirantes ?

La romancière allemande mène impeccablement son affaire. Si tout est faussé d’entrée de jeu, elle continue de répandre son poison avec maestria. Les êtres fracturés se bétonnent comme ils peuvent, quand un jour tout implose/explose. Cette plongée progressive dans les tréfonds d’un être, en fouillant dans le passé de la meurtrière fait vaciller, une pauvre mère de famille aussi bien que les lecteurs de cet ouvrage saisissant.

Parfois, les assassins sont des êtres fragiles, victimes avant de devenir coupables en sombrant dans le côté obscur, et parfois, les victimes ne sont pas juste que d’innocentes brebis, ce sont aussi des êtres complexes à la vie singulière.

Parce que nous sommes tous des pêcheurs (traduction), voici venu le temps d’imaginer, d’écrire et de raconter en clair-obscur la vie sans faux-semblants d’un(e) disparu(e) avant l’échappée belle.

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18 Janvier 2021 : La vague (Todd Strasser ; 1981)

La Troisième vague fut une expérience de psychologie pratiquée dans un lycée américain de Palo Alto en 1967, elle inspira le journaliste et écrivain Todd Strasser qui publiera un roman en 1981.

Pour faire comprendre à ses élèves les sentiments qui peuvent emporter tout un pays dans le totalitarisme, un professeur fonda un mouvement fascisant qu’il baptisa « la troisième vague ». En une semaine, dépassé par les évènements et l’enthousiasme de ses élèves, il mit un terme à l’expérience sur le nazisme, faisant ainsi une leçon de morale aux étudiants. L’ouvrage montre que le pire est toujours possible, même aujourd’hui.

La vague est un roman qui dérange et génère de nombreux questionnements – Comment des élèves ont-ils pu se transformer ainsi en quelques jours ? Quelle valeur peut-on accorder pour la méthode pédagogique ? – est un ouvrage nécessaire et indispensable à bien des égards.

Expérience intense et éprouvante pour faire comprendre le nazisme à des étudiants, elle témoigne aussi de ces débordements extraordinaires liés à certains évènements, drames ou faits-divers pour exemple, et dévastent tout sur leur passage.

Un point de référence idéal pour imaginer, écrire et raconter ces raz-de-marée qui accompagnent la tragédie, à échelle humaine autant que sur un plan sociétal.

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16 Février 2021 : L’échange (Clint Eastwood ; 2008)

Les grandes affaires criminelles en littérature et dans les autres supports de la culture populaire font souvent la part belle aux détectives, on pourrait citer quelques-uns d’entre eux, des personnages marquants et complexes qui vivent au travers de leurs enquêtes, un remède pour soigner leurs démons.

Toutefois, certains films, certains romans font des victimes elles-mêmes, les investigateurs à la recherche, coûte que coûte, d’une certaine vérité. Parfois, les raconteurs d’histoires façonnent de grands personnages qui bouleversent le public. Ce sont à eux que nous allons nous intéresser présentement.

En 1928, Walter Collins, un enfant de huit ans, disparaît. Quelques semaines plus tard, la police de Los-Angeles rend à sa mère, Christine, qui a élevé seule son fils, un enfant qui affirme être Walter. Elle ne reconnaît pas ce petit garçon et engage un combat inégal avec le Los-Angeles Police Department (LAPD). Dans le même temps, la police découvre l’existence de Gordon Northcott, un tueur en série qui attire des petits garçons sur son ranch avant de les tuer et de les dépecer.

Porté par l’énergie farouche de l’actrice Angelina Jolie, le personnage de Christine Collins est une héroïne classique qui affronte un monstre résolument moderne. Cette modernité est incarnée par le Capitaine Jones, technocrate de la répression et de la corruption, qui en font l’un des meilleurs méchants de cinéma observé ces dernières années. L’échange est un thriller formidable et un appel pressant à la résistance, un leitmotiv parfait pour imaginer, écrire et raconter le destin de personnages prêts à tout pour découvrir la vérité à n’importe quel prix.

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16 Mars 2021 : On recherche (Hillary Waugh ; 1952)

Classé par la Mystery Writers of America dans la liste des 100 meilleurs romans policiers de tous les temps, le roman écrit par Hilary Waugh est considéré comme l’un des premiers et l’un des meilleurs romans de procédure policière. Qu’est-ce qu’un roman de procédure policière ? Un sous-genre de fiction policière qui a pour but de présenter les activités des forces de police au cours des enquêtes d’investigation. On y retrouve en général d’autres sujets policiers : les sciences forensiques, les autopsies, la collecte d’indices, l’utilisation des mandats d’arrêts, les interrogatoires et les filatures. En cela, le récit de la romancière est souvent décrit comme précis, rigoureux et sobre.

Dans une petite ville du Massachussets, à 66 miles de Boston, sur l’heure de midi d’un froid jour d’hiver, Mary Lowell Mitchell, 18 ans, une étudiante originaire de la ville de Philadelphie, disparait du campus et de son collège. Après avoir alerté les parents, la direction de l’établissement ne tarde pas et appelle la police qui retrouve tous les effets personnels dans sa chambre, ainsi que son journal intime dans un des tiroirs.

Franck W. Ford, le chef de la police croit d’abord à une fugue amoureuse. Il penche aussi vers une autre explication plausible : la jeune femme se découvrant enceinte, a trouvé un médecin pour obtenir en douce un avortement, car cette opération est encore illégale dans le pays. Ford mandate donc certains de ses enquêteurs pour rechercher dans les environs un docteur complaisant qui aurait pu pratiquer ce type d’intervention.

Lors des interrogatoires d’amies de la disparue et du personnel de l’établissement scolaire menés par les policiers, tout laisse pourtant croire que la jeune Mary était studieuse et encore vierge, mais Ford n’en démord pas, il est persuadé qu’un homme est mêlé de près ou de loin à l’affaire. Procédant avec méthode, il ordonne l’élagage d’un lac artificiel non loin duquel la jeune fille a été aperçue le jour de sa disparition, car il n’écarte pas la thèse du suicide. Il dresse également une liste de suspects masculins à l’aide du journal intime. Quand il s’aperçoit que le texte du journal est codé, il met à jour ce qui semble être une piste.

Inspiré de fait réel (l’affaire Paula Jean Welden), le roman, qui choisit de retranscrire le travail d’enquête a pour la particularité de s’interdire tout développement sentimental. Des faits, rien que des faits.

Un titre idéal pour mettre en avant ces chemins sinueux, parfois même sans issues qu’empruntent les détectives de papier et d’ailleurs, afin d’ imaginer, écrire et raconter les investigations qu’entrainent une disparition mystérieuse. Ne pas oublier de laisser des petits cailloux sur la route !

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20 Avril 2021 : Engrenages (Alexandra Clert et Guy-Patrick Sainderichin ; 2005 à aujourd’hui)

Lorsqu’une affaire de disparition bascule vers l’enquête policière, le mystère prend une nouvelle dimension. Il y a le drame humain, ce que vit l’entourage de la victime, puis l’énigme, que les enquêteurs, les journalistes tentent de découvrir, et puis la tragédie, l’investigation prend souvent une tournure sociétale. Ce qui est caché finit toujours pas être découvert tôt ou tard et parfois même, fait ressurgir d’autres secrets.

Ces caractéristiques propres au genre policier est typique des productions audiovisuelles modernes, notamment dans les productions anglophones et scandinaves (Broadchurch pour les uns, The Killing pour les autres, en sont de brillants exemples). En France, l’une des plus grandes réussites se nomme Engrenages, et depuis quinze ans, elle brille toujours autant par sa qualité d’écriture, sa force émotionnelle que par l’interprétation, toujours juste, de fabuleux comédiens.

Le cadavre d’une jeune fille est retrouvé dans une benne à ordure, à proximité d’entrepôts abandonnés. Son corps dénudé a été livré aux chiens et son visage réduit en bouillie. Une autopsie révèle que le corps était celui d’une femme d’origine roumaine. Benoit Faye, le meilleur ami du substitut chargé de l’enquête, Pierre Clément, la connaissait bien. Il va être impliqué dans une sale affaire qui mêlera argent sale, sexe et politique.

Voici le pitch de la première saison qui permet de suivre trois personnages – une capitaine de police, un juge d’instruction, et une avocate pénaliste – et de montrer de façon réaliste la vie d’un palais de justice, ses acteurs, rouages et combines, et plus généralement de présenter, la procédure pénale française.

Une grande série, dans un genre où les auteurs français brillent depuis de très longues années (de Georges Simenon à Fred Vargas, il y en a pour des mois de lectures), appelée à inspirer un nouveau chapitre d’une disparition, afin d’imaginer, d’écrire et raconter la suite de l’histoire en trois dimensions. Des Drames, des énigmes avec des résonnances sociétales.

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18 Mai 2021 : Présumé innocent (Scott Turow ; 1987)

Voilà encore un roman qui occupe une place au classement des cent meilleurs romans policiers de tous les temps établis en 1990 par la Crime Writers Association, et comme d’autres romans à succès, il fut adapté pour le grand écran par le cinéaste américain Alan J Pakula la même année.

Le procureur de district adjoint principal du district de Kindle est accusé du meurtre de sa collègue de travail, Carolyn Polhemus, une belle et brillante procureure associée. L’histoire est racontée par l’accusé, Rozat « Rusty » Sabich.

Carolyn Polhemus est trouvée morte dans son appartement, victime d’un bondage qui aurait mal tourné. Au départ, Rusty Sabich mène l’enquête comme le veut sa fonction, mais tout s’embrouille quand son patron et ami, Raymond Horgan, perd sa réélection au poste de procureur de district et qu’on découvre que Sabich a été l’amant de Carolyn.

En outre, au cours de l’enquête, les patrons nouvellement élus au bureau du procureur de district, Nico Della Guardia et son bras droit Tommy Molto décident que les preuves sont suffisantes pour accuser Rusty du meurtre. La poursuite judiciaire est confiée à Tommy Molto et le cauchemar de Rusty Sabich prend de l’ampleur.

Accusé du meurtre et traîné en justice, Rusty appelle à l’aide du meilleur avocat de la région, Sandy Stern, pour qu’il le défende au procès.

Concept flottant, la justice est arbitraire, laissée à l’appréciation des uns et des autres. Au cours d’une enquête apparaissent des suspects potentiels, des coupables tous désignés qui pourraient avoir, pour une raison ou pour une autre, commis l’irréparable.

La justice dédommage les victimes en désignant un ou plusieurs coupables, mais il en faut moins pour entacher la réputation des uns et des autres, malgré la présomption d’innocence.

Aujourd’hui encore, le récit imaginé par Scott Turow est un séduisant modèle pour imaginer, écrire et raconter la suite d’une histoire en dressant une liste des suspects potentiels, à l’origine ou non de ladite disparition. Innocents ou coupables, c’est à vous de jouer !

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15 Juin 2021 : La disparition (Georges Perec ; 1969)

En guise de conclusion, voilà enfin le titre du roman qui a inspiré cette nouvelle salve d’atelier.

C’est dans un contexte de guerre et de déportation qu’apparaît le personnage principal de cette histoire, Anton Voyl. Depuis des mois, le pauvre homme souffre d’une terrible insomnie. Il a même subi une opération du sinus frontal, mais aucune amélioration n’a été constatée. Sujet à des hallucinations, il a des visions aussi troublantes les unes que les autres : Moby Dick, le sphynx somnolant au fond du Sahara, ou encore un fils perdu épousant sa mère.

Sa santé s’aggrave de jour en jour, et pour soulager son mal, a commencé à tout consigner dans un journal. Un jour, Anton disparaît mystérieusement le jour de la Toussaint.

En lisant ses notes, ses amis ont d’abord pensé à un suicide. En lisant ses notes, le malade avait clairement évoqué sa peur de mourir. L’un de ses amis, Amaury Canson, pense qu’il s’agit plutôt d’un kidnapping et décide, avec l’aide de deux officiers de police, de partir à sa recherche. Motivés comme jamais, ils feront tout pour résoudre cette troublante affaire.

L’ouvrage possède une originalité, une vraie curiosité, puisqu’il ne comporte pas une seule fois la lettre « e ». D’ailleurs, l’écrivain considère cette contrainte lipogrammatique comme un puissant stimulant pour l’imagination, en dynamisant le travail langagier et par-là-même, la narration.

Contraintes d’écritures pour libérer l’imagination et stimuler l’écriture créative afin d’imaginer, écrire et raconter une histoire originale, tel est justement la mission de ce nouveau chapitre « La disparition » dont la présentation touche à sa fin.

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