Côté ciné – Décembre 2019

Côté ciné – Décembre 2019

Le mois dernier, le cinéma s’emparait de livres récents pour les porter à l’écran. Ce mois-ci, outre la variété des œuvres adaptées (thriller, littérature blanche, fantastique, littérature jeunesse), c’est aussi un voyage dans le temps qui se profile puisque nous allons le remonter jusqu’en 1896.

  1. Seules les bêtes de Colin Niel

Note babelio : 4,1/5 (sur 317 notes)

4è ouvrage de l’auteur paru en 2017 et récompensé par le prix Landerneau de la même année (on parlera prochainement dans le blog des prix littéraires consacrés aux polars) et 4 autres prix, il succède à la série guyanaise. Niel, auteur régulier et talentueux de roman noir se voit régulièrement récompensé puisque chacun des tomes de la trilogie guyanaise a été primé. Ici donc, pas de personnage récurrent, exit le capitaine Anato. Dans ce roman choral, cinq personnages exposent leur version des faits suite à la disparition d’une femme et leur propre histoire dans un univers rural peuplé de solitude et de secrets.Cinq personnages pour cinq chapitres d’un récit condensé en 224 pages.

Dominick Moll est à la réalisation et au casting, on retrouve Denis Menochet(Jusqu’à la garde), Laure Calamy (l’excellente Noémie de Dix pour cent), Damien Bonnard (qui a décidément une actualité chargée puisque son précédent film, les Misérables est sorti le mois précédent), Nadia Tereszkiewitcz (3 films en 2019 : Sauvages, Persona non grata avec Raphael Personnaz, Nicolas Duvauchelle et Roschdy Zem, et enfin Seules les bêtes), et Bastien Bouillon (Le mystère Henri Pick).

Rendez vous dans les salles dès le 4 décembre pour découvrir pourquoi il y a un jeune homme noir sur la couverture d’un livre dont l’intrigue se situe dans une campagne européenne. Et si le nœud de l’intrigue se situait à des milliers de kilomètres des 5 protagonistes ?

Le résumé de l’éditeur :

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.
Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le cœur des hommes.

La bande annonce :

  • Les mille talents d’Euridice Gusmao de Martha Batalha

Note babelio : 3,51/5 (sur 166 notes)

Adorable couverture pop parfaite pour attirer les regards en librairie et qui sera malheureusement remplacée par l’affiche du film pour la nouvelle édition.  Ce titre est paru en grand format chez Denoel en 2017 puis en poche au Livre de poche. Il s’agit du premier ouvrage d’une auteure brésilienne. Les critiques sur Babelio décrivent un roman « truculent », « enjoué » sur la condition féminine. L’histoire  narre les tentatives d’émancipation de deux sœurs dans le Brésil des années 30-40.

De ce roman, Karim Ainouz a fait une adaptation remarquée à Cannes et récompensée par le prix Un certain regard. Au casting : Carol Duarte, Julia Stockler, Gregorio Duvivier. En regardant la bande annonce, je n’ai pas retrouvé l’atmosphère enjouée et truculente décrite sur Babelio mais une atmosphère moite, dense, nimbée de violence. Le réalisateur explique son intention dans cette interview :

«Ce qui m’a poussé à adapter « La vie invisible d’Eurídice Gusmão », c’est le désir de rendre visibles tant de vies invisibles, comme celles de ma mère, de ma grand-mère, de mes tantes et de tant d’autres femmes de cette époque. Leurs histoires ne sont pas assez racontées, ni dans les romans, ni dans les livres d’histoire, ni même au cinéma. J’ai imaginé un film aux couleurs très saturées, avec une caméra proche de ses personnages et qui vibre avec eux. Un film chargé de sensualité, de musique, de drame, de larmes, de sueur et de mascara, mais aussi un film imprégné de cruauté, de violence et de sexe. Un film qui n’a jamais peur d’être sentimental, excessif. »

Le résumé de l’éditeur :

Eurídice et sa sœur Guida sont nées dans un quartier populaire de Rio de Janeiro dans les années 1920. Quand vient le temps de se marier, Eurídice épouse un garçon rencontré lors d’un bal. Débordante d’énergie, d’ambition et d’idées, elle comprend rapidement que son mari, un employé de banque, ne peut accepter, tout comme sa famille, qu’elle sorte du rang. Guida, elle, est reniée par ses parents après s’être enfuie avec un riche héritier, et doit finalement assumer seule l’éducation de son fils. Mais toutes deux refusent que leur vie ressemble à celle de leur mère. Chacune à sa manière s’arrache à la force du destin.
Un roman optimiste où les femmes, opprimées par les hommes et l’ordre social établi, sont aussi des rebelles incontrôlables et terriblement attachantes.
 
Un premier roman coloré et pétillant.  Marie France.

L’avis de Gérard Collard, libraire de la griffe noire (Saint Maur):

La bande annonce:

Sortie en salles le 11 décembre 2019

  • Les amis des amis, une nouvelle d’Henry James

Note Babelio : 3.7/5 (sur 7 notes)

Les amis des amis, une nouvelle d’Henri James

Henry James écrivit cette nouvelle et la publia pour la première fois en 1896 sous le titre The Wayit Came (Comment tout arriva). Mécontent de son texte et de son titre, il remit l’ouvrage sur le métier, modifia la tête du récit et rebaptisa cette histoire de fantôme  the friends of the Friends (Les amis des amis). Ce texte en forme de journal fit forte impression sur Virginia Woolf et sur Jorge Luis Borges qui la publia dans sa collection La bibliothèque de Babel et en rédigea le quatrième de couverture.

Cette nouvelle servit de support pour deux adaptations. La première au cinéma en 1978 par François Truffaut sous le titre La chambre verte. La deuxième à la télévision allemande.

Le réalisateur Pascal Bonitzer (Gemma Bovery) quant à lui était habité par l’envie de réaliser un film fantastique. Une première tentative d’adaptation d’un texte de Witold Gombrowitz intitulé Les envoutés lui avait laissé un goût amer. Nullement découragé, il se confronte une nouvelle fois au genre avec l’histoire de fantôme imaginée par Henry James. La lecture du texte l’a fortement ému sans qu’il puisse expliciter pourquoi. Cela semble être l’effet que James produit sur ses lecteurs car plusieurs années avant Bonitzer, Borges et Woolf avaient eu le même sentiment de lecture, la même émotion résiduelle en refermant le livre.

Il en fait donc un film d’atmosphère où la musique « surligne, intensifie l’émotion. » Devant la caméra : Sara Giraudeau (Le bureau des légendes, Calls, Petit paysan), Nicolas Duvauchelle (Comme des frères)

La présentation du texte par son plus grand admirateur :

Les Amis des amis renferme une profonde mélancolie et c’est en même temps une exaltation de l’amour élaboré dans le plus secret des mystères. Jorgé Luis Borges

La bande annonce :

Dans nos salles le 11 décembre 2019

  • Vic le Viking de Runer Jonsson

Note Babelio : inconnu

Vic le viking par Runer Jonsson

Vic le viking, fils de chef, craint la peur. Mais grâce à son imagination fertile il se tire de toutes les péripéties que l’auteur suédois a imaginées pour lui.

Les romans ont été traduits et publiés en France dans la bibliothèque rose par Hachette jeunesse. La série comporte 6 volume car à l’instar de Tintin, Vic voyage (chez les bougres, chez les peaux rouges, chez les grands bretons..) Comme le montre la couverture, le roman n’est pas jeune. Il faut dire que la collection existe depuis 1856. La bibliothèque rose existant toujours, cela lui fait une longévité extraordinaire et elle est probablement l’ancêtre des collections jeunesses actuelles.

 Vic le viking est déjà un habitué des adaptations puisque les romans de Runer Jonsson ont été transposés en série à partir de 1974. Les 78 épisodes sont diffusés sur TF1 à partir de 1979. En 2013, Vic se refait une jeunesse avec une animation en 3D.

Il revient sur nos écrans dans un film d’animation le 18/12/2019.

Résumé de l’éditeur :

Les aventures d’un enfant viking, nommé Vic, fils de Halvar, chef du village de Flake. Il souffre de la peur, mais son imagination fertile lui permet de se sortir de tous les dangers.

La bande annonce du film :

Et pour finir, le jeu des incipits, un peu élagué vu l’ancienneté de certains ouvrages.

  • “Lorsque Euridice Gusmao épousa Antenor Campelo, sa sœur lui manquait un peu moins. »
  • «  Les gens veulent toujours un début. »

Bons films, bonnes lectures, et que l’imagination soit avec vous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-sept + quinze =

%d blogueurs aiment cette page :